Nous étions un couple trés uni et nous avions beaucoup d'amis.
Mon mari avait une petite entreprise, j'étais sa secrétaire.
Fin 1998, au congés de noël, il doit subir une intervention chirurgicale, un nettoyage de diverticules bénignes à l'intestin grêle, constatées lors d'une
exploration à l'hôpital. Le rendez-vous est pris à cette clinique privée de
Toulouse. Et c'est là que débute mon calvaire, notre calvaire....
"L'opération s'est bien passée..." vient d'abord me dire une infirmière.
J'attend, j'attend encore... on ne ramène pas mon mari, je m'inquiète et me
met en colère, je veux le voir, je crie, je sens qu'il y a quelque chose.
Un docteur vient me voir enfin, sans me ménager, sans voir que j'étais seule, m'annonce que mon mari avait fait un arrêt cardiaque et qu'il était cliniquement mort. Mon cri, ce choc
épouvantable, plus rien ne compte
pour moi, je veux voir mon mari, je veux le serrer contre moi.
On me le fait voir, il n'a plus de couleur, il est enveloppé d'une couverture
dorée, les machines sont plates et là je le secoue, je lui dis de ne pas me laisser seule, de revenir avec moi, que j'ai trop besoin de lui... et je le secoue encore et encore et encore... et là,
MIRACLE ! j'entend les "machines" (c'est le nom que je leur donne) se remettre en marche.
C'est l'affolement, on me bouscule, je ne sortirai pas, je reste avec lui...
Electro-chocs, massage cardiaque, il revient à la vie.
On me raisonne, je dois sortir, je n'ai plus le droit de rester.
Il ouvre les yeux, me regarde, je l'embrasse et lui dis : "sois courageux !" ; et, il me réponds : "reviens vite, minou ! OK?" Je réponds : "OK, chéri !". Un dernier baiser et je
sors.
Un autre arrêt cardiaque une heure plus tard.
C'est là que démarre mon cauchemar, le calvaire de notre
famille...